Projet personnel

Le chemin emprunté par l’animation pour qu’elle se rende dans votre salon (3/3)

Collaboration spéciale, Mont Notre-Dame 17 janvier 2020

Projet personnel de Pénélope Boisvert, élève de 5e secondaire

Partie 1Le chemin emprunté par l’animation pour qu’elle se rende dans votre salon (1/3)
Partie 2Le chemin emprunté par l’animation pour qu’elle se rende dans votre salon (2/3)

L’ère technologique

Pour terminer, après l’arrivée du son dans l’industrie, les choses ont évolué très vite. Tout comme dans la vraie vie, la technologie est venue tout bouleverser, pour le meilleur ou pour le pire, amenant les révolutions les unes après les autres.

Le premier film animé sonore, My Old Kentucky Home, est publié en 1926 par Dave Fleischer. On y voit un chien qui fait du désordre, joue avec une balle et nous dit “Follow the ball and join in, everybody!”. Au final, la chose est maladroite et fait un peu peur, mais c’est une belle innovation qui mène à de grandes choses.

La caméra multiplane

Le prochain géant à paraître est Snow White and the Seven Dwarfs en 1938, le premier long métrage animé américain. On y a utilisé la caméra multiplane, nouvelle avancée technologique. Originellement inventée par Ubbe Iwerks, elle permettait de donner l’illusion d’être dans le dessin. En effet, les différentes couches de paysage installées devant la caméra pouvaient bouger individuellement dans le plan à différentes rapidités alors que la caméra descend à travers eux. Et ceci facilement, parce qu’avec le montage, la caméra, soit notre vision, se trouvait vraiment dans le paysage.

Dans ces années, les celluloïds qu’on utilisait étaient faits de nitrate, un matériau inflammable. Pourtant personne ne s’en préoccupait vraiment, la plupart des artistes fumaient à leur plan de travail, tapaient leurs cendres nonchalamment alors que tout aurait pu prendre feu d’un coup. Ça ne s’est heureusement jamais produit.

Un autre problème important qu’on avait avec les matériaux était la difficile conservation des oeuvres causée par la température trop variable. Si quelqu’un fermait le chauffage pour la nuit, le lendemain matin, quand on revenait, les peintures étaient toutes craquées et s’émiettaient. Et s’il faisait trop chaud, les feuilles des uns collaient sur la peinture des autres. Ils ont essayé de mettre de la fécule de maïs entre les dessins, pour enlever l’humidité, mais ça les salissait et, la plupart du temps, il fallait tout recommencer de toute façon.

Pour le reste du siècle, aucune avancée majeure ne s’est produite, les choses ont suivi leur cours, l’industrie se popularisant, prenant la place qu’elles méritaient dans la société. Les compagnies majeures ont réussi à répandre leur influence partout à travers le monde et à diversifier leur marché en vendant des produits de marchandise.

La paix régnait plus ou moins jusqu’à ce qu’on laisse entrer les machines.

Technological Threat

La paix régnait plus ou moins jusqu’à ce qu’on laisse entrer les machines. Dans les années 80, on a commencé à donner de plus en plus de travail à celles-ci, parce qu’elles sont toujours plus parfaites. Ça a effrayé les gens, et pas juste les animateurs : ceux qui prenaient les photos des dessins, ceux qui les coloriaient, ainsi de suite. Ils avaient peur que les robots fassent le plus gros du travail, et qu’ils perdent leur emploi, étant devenus inutiles. Brian Jennings et Bill Kroyer ont finalement allégé les inquiétudes avec le court métrage Technological Threat, où ils ont combiné l’animation faite à la main avec celle faite à l’ordi. Cela a montré que la technologie n’était pas là pour remplacer les animateurs et qu’il faut bien un humain créatif et talentueux pour utiliser les outils que l’ordinateur offre.

Ce que les studios Pixar nous offrent par la suite, en 1995, doit être le film avec le plus d’impact dans le monde de l’animation : Toy Story, le premier film animé à l’ordinateur. Cela signifie que les personnages, objets et décors n’avaient pas besoin d’être redessinés à chaque fois, puisqu’avec leurs données, gardées électroniquement par l’ordinateur, on pouvait les manier pour les faire bouger. Tout ça faisait économiser beaucoup de temps et de travail aux animateurs, et les industries du cinéma s’en sont rapidement rendu compte. À présent, presque tous les films animés sont faits à l’ordinateur, ainsi que les dessins animés qui passent à la télé.

L’arrivée de l’ordinateur dans le marché de production a révolutionné les outils qu’on utilisait aussi. Maintenant, il y a la tablette et le stylo numérique, des outils de sculpture digitale et des logiciels hauts de gamme qui peuvent modéliser, couvrir, animer et illuminer (avec ombrages) les sujets. Ils peuvent aussi garder en mémoire le sujet, donc garder les bonnes proportions, peu importe la position du sujet ou le point de vue d’où on le voit, tout ceci n’est donc plus un problème.

Aujourd’hui, l’animation s’est frayée un chemin dans notre culture générale et bien que nous ne voyions presque plus d’animation traditionnelle, et que nous ne sommes familiers qu’avec l’animation narrative et sonore faite à l’ordinateur, rappelons-nous que cela a pris plusieurs années pour développer ce genre d’oeuvre.

Pour conclure, l’animation a beaucoup évolué à travers les âges, passant de dessins qui supposent une suite à de longs métrages entièrement animés à l’ordinateur. On a dû comprendre les tours qu’on pouvait jouer aux yeux pour ensuite développer nos techniques, se familiariser avec le domaine et les outils, et enfin, appliquer le monde à l’animation et l’animation au monde.

Il serait maintenant intéressant d’essayer de comprendre l’impact sur la population que l’animation a eu dans son évolution, comment elle a influencé la culture et la manière de penser.

Collaboration spéciale Mont Notre-Dame